Un détartrage classique nettoie la partie visible des dents, au-dessus de la gencive. Il est recommandé une à deux fois par an, dure environ 20 à 30 minutes et coûte 28,92 euros au tarif conventionnel, remboursé à 60 % par l'Assurance Maladie. Mais lorsque le tartre s'est installé sous la gencive, ce détartrage ne suffit plus : seul un détartrage sous-gingival, appelé aussi surfaçage radiculaire ou assainissement parodontal, permet d'aller nettoyer les racines à l'intérieur des poches. Cet acte n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale, alors qu'il est précisément celui qui empêche de perdre ses dents.
À quoi sert un détartrage ?
La plaque dentaire est un biofilm bactérien qui se reforme en quelques heures sur les dents. Lorsqu'elle n'est pas éliminée par le brossage, elle se minéralise au contact de la salive et durcit en tartre en 24 à 72 heures. À partir de là, aucune brosse à dents ne peut plus la retirer.
Le tartre pose deux problèmes. Sa surface rugueuse est un support idéal pour de nouvelles bactéries, et il maintient une inflammation permanente de la gencive : c'est la gingivite. Une gencive enflammée saigne, gonfle, et finit par se décoller de la dent.
Le détartrage supprime ce dépôt. C'est un acte de prévention, pas d'esthétique.
À quelle fréquence faut-il faire un détartrage ?
Une fois par an suffit pour la majorité des adultes en bonne santé parodontale. Mais la bonne fréquence dépend de votre profil, pas d'une règle unique.
L'Assurance Maladie prend en charge deux détartrages par an. Cette limite est administrative, pas clinique : si votre situation parodontale en justifie davantage, les séances supplémentaires restent médicalement indiquées, mais à votre charge.
Détartrage sus-gingival ou sous-gingival : la distinction essentielle
C'est le point le plus important de cet article, et le moins connu des patients.
Le détartrage sus-gingival traite la partie visible de la dent, au-dessus de la gencive. Son objectif est d'éliminer le tartre visible et de traiter la gingivite. Il concerne tous les patients, en entretien. Il ne nécessite pas d'anesthésie, se fait en une séance aux ultrasons suivie d'un polissage, et coûte 28,92 euros au tarif conventionnel, remboursé à 60 %.
Le détartrage sous-gingival, appelé aussi surfaçage radiculaire ou assainissement parodontal, traite la racine de la dent, à l'intérieur de la poche parodontale. Son objectif est de désinfecter ces poches et de stopper la destruction de l'os. Il concerne les patients chez qui une parodontite a été confirmée par un sondage et des radiographies. Il se fait le plus souvent sous anesthésie locale, en deux à quatre séances par quadrants, avec des inserts fins, des curettes, des ultrasons sous-gingivaux et parfois le laser. Il n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale et relève d'honoraires libres.
Pourquoi le détartrage classique ne suffit plus en cas de parodontite
Chez une gencive saine, le sillon entre la dent et la gencive mesure 1 à 3 millimètres. Quand la parodontite s'installe, ce sillon se creuse en poche parodontale de 4, 6, parfois 8 millimètres de profondeur. Le tartre et le biofilm colonisent la racine à l'intérieur de cette poche, hors d'atteinte de la brosse à dents comme des ultrasons de surface.
Tant que ce tartre sous-gingival reste en place, l'inflammation se poursuit et l'os alvéolaire qui soutient la dent continue de se résorber. Cette perte osseuse est irréversible. La dent se déchausse, devient mobile, puis se perd. Sans douleur, la plupart du temps : c'est ce qui rend la parodontite si sournoise. Cette inflammation chronique a par ailleurs des répercussions sur la santé générale, notamment cardiovasculaire et sur l'équilibre du diabète.
Le détartrage sous-gingival est le traitement de référence, et il est efficace. Après assainissement, les poches se referment partiellement, le saignement disparaît, l'inflammation cède et la destruction osseuse s'arrête. Ce n'est pas un supplément de confort : c'est le geste qui conserve vos dents.
Pourquoi le détartrage sous-gingival n'est-il pas remboursé ?
C'est un paradoxe reconnu de la nomenclature française : l'acte d'assainissement parodontal non chirurgical n'est pas pris en charge par l'Assurance Maladie, à l'exception de situations très restreintes, notamment les patients diabétiques en affection de longue durée, pour lesquels une prise en charge existe, limitée dans le temps.
Concrètement, le traitement est réalisé en honoraires libres, sur un devis écrit remis avant de commencer. Certaines complémentaires santé prévoient un forfait parodontologie annuel : vérifiez votre contrat, la différence peut être significative, et transmettez le devis à votre mutuelle avant d'accepter.
Comparé au coût d'un implant ou d'un bridge pour remplacer les dents perdues, l'assainissement parodontal reste, de loin, l'investissement le plus rentable.
Questions fréquentes sur le détartrage
Le détartrage est-il remboursé ?
Oui pour le détartrage classique : le tarif conventionnel est de 28,92 euros, remboursé à 60 % par l'Assurance Maladie, le solde étant en général couvert par la complémentaire. Deux détartrages par an sont pris en charge. Le détartrage sous-gingival, lui, n'est pas remboursé et relève d'honoraires libres sur devis.
Quelle différence entre détartrage et surfaçage radiculaire ?
Le détartrage nettoie la partie visible de la dent, au-dessus de la gencive. Le surfaçage radiculaire nettoie la racine à l'intérieur de la poche parodontale, sous la gencive. Le premier traite la gingivite, le second traite la parodontite.
Mes gencives saignent pendant le détartrage : est-ce normal ?
Le saignement pendant le détartrage traduit une gencive déjà enflammée. Ce n'est pas le geste qui provoque le saignement, c'est l'inflammation qu'il révèle. Une gencive saine ne saigne pas, ni au brossage ni au détartrage.
Puis-je manger après un détartrage ?
Oui, immédiatement. Après un détartrage sous-gingival avec anesthésie, attendez la fin de l'engourdissement pour éviter de vous mordre la joue.
Le détartrage fait-il bouger les dents ?
Non. Si une dent paraît plus mobile après, c'est que le tartre agissait comme une attelle rigide autour de dents déjà déchaussées. Le tartre ne soutient pas la dent : il détruit ce qui la soutient.